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Café du Brésil : 1er producteur mondial, terroir et profil

  • 28 janv. 2023
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 7 jours

Le Brésil du café est un géant : 3,3 millions de tonnes produites chaque année, 2 millions d'hectares de plantations et 5 millions de Brésiliens qui en vivent. Premier producteur mondial depuis le XIXe siècle, le pays cultive aussi bien l'Arabica que le Robusta, avec une diversité de terroirs et de profils que peu d'origines égalent.


Le café au Brésil : tradition et histoire

Le café arrive au Brésil au début du XVIIIe siècle, importé depuis la Guyane française. Les premiers plants proviennent du jardin botanique d'Amsterdam (1706), passent par Cayenne (1718) puis arrivent au Brésil, alors sous colonisation portugaise. C'est dans un monastère près de Rio de Janeiro que le seul plant survivant prospère. Les moines testent rapidement la culture plus au sud, où la composition des sols et le climat tempéré du Sud-Est s'avèrent idéaux. Dès 1806, le pays exporte 120 tonnes de café, et en moins de 30 ans il devient le 1er exportateur mondial. La main-d'œuvre est alors quasi exclusivement composée d'esclaves : il faudra attendre 1888, sous la pression de l'Angleterre, pour que le Brésil abolisse l'esclavagisme. Aujourd'hui, le pays reste indétrônable au sommet de la production mondiale.


Géographie et terroir

Minas Gerais - le café au Brésil
Minas Gerais - le café au Brésil

Le café du Brésil est cultivé entre 200 et 1 300 mètres d'altitude, sur une bande tempérée qui s'étend du sud-est au nord-est du pays. La récolte s'étale d'avril à septembre, principalement par stripping (méthode mécanique de ramassage des cerises, rapide mais peu sélective). Le climat tempéré, les sols volcaniques fertiles et la diversité géographique du territoire permettent une production massive avec une bonne homogénéité, ce qui fait du Brésil un fournisseur clé des grandes torréfactions et des blends commerciaux. Mais le pays produit aussi des micro-lots de spécialité, notamment dans les zones d'altitude.


Les 5 régions productrices principales

Le Brésil compte 5 grandes régions caféicoles, chacune avec son climat et son profil :

  • Minas Gerais : Principale région productrice (50 % du café brésilien) avec plus d'1 million d'hectares dédiés. Comprend les célèbres Cerrado et Sul de Minas. Profil rond, chocolaté, notes de noisette et caramel.

  • Bahia : Région chaude et humide, dédiée principalement à l'Arabica. Profil aux arômes plus fins, notes fruitées et acidité modérée.

  • Espírito Santo : Région côtière (océan Atlantique) dédiée au Robusta. Profil corsé, faible acidité, notes terreuses et chocolat noir.

  • São Paulo : Berceau de la caféiculture brésilienne. Parcelles majoritairement en altitude. La Mogiana paulista (où se trouve la ferme Paraizinho de notre Câlin) est une zone de spécialité reconnue.

  • Paraná : Région la plus humide et la plus au sud, où l'on cultive majoritairement de l'Arabica. Profil doux, sucré, notes de fruits secs.


Les variétés cultivées

Plus de 75 % de la culture brésilienne concerne l'Arabica. Les variétés principales sont le Typica (variété historique), le Bourbon (apprécié pour son équilibre et sa douceur), le Caturra (mutation naturelle du Bourbon, plus productive), le Mundo Novo (croisement Bourbon x Typica très répandu) et le Maragogype (variété à très gros grains, donnant des cafés doux et soyeux). Côté Robusta, c'est principalement le Conilon qui occupe les cultures, surtout à Espírito Santo. Cette diversité variétale, combinée aux différents terroirs, explique pourquoi le Brésil offre une palette aromatique très large, du café commodity au micro-lot d'exception.


Méthodes de traitement

Le Brésil utilise les trois méthodes de traitement principales. La voie sèche (natural) est historiquement la plus répandue : les cerises entières sont séchées au soleil sur des aires bétonnées ou des lits africains. Cette méthode donne des cafés corsés, fruités, au corps plein. La voie humide (washed) est plus récente et concerne les cafés de spécialité : les cerises sont dépulpées, les grains fermentés puis lavés. Le profil obtenu est plus net, plus acidulé. La voie semi-humide (pulped natural ou honey), spécifique au Brésil, est un compromis : on dépulpe sans fermenter, puis on sèche avec une partie du mucilage. Le résultat équilibre corps, sucrosité et acidité, et est devenu la signature de nombreux cafés de spécialité brésiliens.


Le profil aromatique des cafés du Brésil

Le café brésilien se distingue par sa rondeur et sa douceur. En tasse, on trouve typiquement des notes de chocolat (au lait à noir), de noisette, d'amande, de caramel et de fruits secs. L'acidité est modérée, le corps moyen à plein, la finale longue et chocolatée. C'est un profil très accessible, qui plaît immédiatement et excelle particulièrement en espresso (corps + faible acidité = idéal). Les cafés de spécialité (Cerrado, Mogiana, Sul de Minas) ajoutent des notes plus complexes : fruits rouges, agrumes, vanille, voire fleurs. Cette douceur naturelle fait du Brésil l'origine de référence pour les blends espresso italiens et un excellent point d'entrée pour les amateurs débutants.


Comment choisir un café du Brésil ?

Pour bien choisir un café brésilien, regardez d'abord la région : Cerrado (Minas Gerais) pour la rondeur et le chocolat, Mogiana (São Paulo) pour la complexité, Sul de Minas pour l'équilibre. Privilégiez les cafés mentionnant l'altitude (au-dessus de 1 100 m), la finca productrice et la variété. La méthode de traitement est aussi un indicateur clé : pulped natural (honey) pour un équilibre, natural pour le fruité, washed pour la propreté. Pour la torréfaction, une torréfaction moyenne (City+) révèle bien la rondeur naturelle des cafés brésiliens, tandis qu'une torréfaction plus claire fait ressortir les notes plus délicates des micro-lots.


café du brésil

Le Câlin : notre café signature du Brésil

Chez Crack Cafés, nous avons sélectionné un café brésilien que nous avons baptisé le Câlin, pour sa rondeur réconfortante et son équilibre gourmand. Issu de la ferme Paraizinho dans la région de Mogiana (État de São Paulo), entre 900 et 1 100 mètres d'altitude. La ferme, fondée en 1960, applique des pratiques de récolte sélective et un séchage soigné qui préservent toutes les nuances aromatiques.

Café du Brésil
Quelle méthode conseilles-tu pour préparer ce café ?

Je conseille l'espresso pour ce café, pour en révéler le corps et le côté gourmand. Un vrai réconfort. Il sera parfait pour un cappuccino aussi.

Un moment dans la journée que tu conseilles pour savourer une bonne tasse de Câlin ?

C'est un café qu'on peut boire à n'importe quel moment de la journée, mais il sera vraiment approprié pour terminer le déjeuner !


Questions fréquentes sur le café du Brésil

Pourquoi le Brésil est-il le 1er producteur mondial ?

Plusieurs facteurs expliquent cette domination : un territoire immense aux climats variés idéaux pour le café, une histoire caféicole de plus de 300 ans, une mécanisation poussée (stripping, lavage automatisé) qui permet la production de gros volumes, et un acteur économique majeur (le café représente une part significative des exportations agricoles). Le Brésil produit à lui seul environ 35 % du café mondial, devant le Vietnam et la Colombie.


Brésil : Arabica ou Robusta ?

Les deux. Plus de 75 % de la production est de l'Arabica (cultivé dans le sud-est, à plus haute altitude), 25 % est du Robusta (variété Conilon, principalement à Espírito Santo). Cette spécificité fait du Brésil un acteur incontournable des deux marchés. Pour un café de spécialité, privilégiez les Arabicas du Cerrado, Sul de Minas ou Mogiana. Le Robusta brésilien sert principalement aux blends industriels et au café instantané.


Le Brésil produit-il du café de spécialité ?

Oui, et de plus en plus. Une part croissante de la production (estimée à 10-15 %) est désormais en grade spécialité, avec des micro-lots traçables et primés au Cup of Excellence (instauré au Brésil en 1999, premier pays au monde). Les régions phares pour la spécialité : Cerrado Mineiro (DOP depuis 2014), Sul de Minas, Mogiana, Chapada Diamantina. Cherchez ces appellations sur le paquet pour un Brésil d'exception.


Quelle préparation pour un café brésilien ?

Le profil rond, faible en acidité et chocolaté du Brésil le rend particulièrement adapté à l'espresso et au cappuccino, où sa douceur naturelle s'exprime pleinement. Il fonctionne aussi très bien en cafetière italienne (moka) et en cafetière à piston. Pour les amateurs de filtre, choisissez plutôt un Brésil washed ou pulped natural d'altitude, qui offrira plus de complexité aromatique. C'est un excellent café pour débuter dans le café de spécialité.


Le Brésil est-il vraiment le berceau du café ?

Non, ce titre revient à l'Éthiopie où l'Arabica pousse à l'état sauvage depuis des millénaires. Le Brésil est arrivé tardivement (XVIIIe siècle), via la Guyane française, mais s'est imposé comme le 1er producteur mondial dès les années 1840. Aujourd'hui, le pays domine le marché mondial du café depuis près de deux siècles, sans avoir jamais été délogé du podium.


Pour aller plus loin

Découvrez aussi notre dossier complet sur le café arabica vs robusta pour comprendre les variétés du café, ou explorez nos autres origines comme la Colombie ou l'Éthiopie.

Pour comprendre comment le café arrive jusqu'à votre tasse, lisez notre article sur le parcours du grain de café.

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