La Colombie, terre de culture du café
- 10 avr. 2023
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Dernière mise à jour : il y a 6 heures
Le café colombien, son histoire et ses spécificités
La Colombie fait partie des plus grands exportateurs de café puisqu'elle se classe juste derrière le Brésil (depuis des décennies premier exportateur mondial de café) - que nous vous détaillions dans l'article précédent - et le Vietnam. Cependant la Colombie a fait du café « lavé » sa spécialité et en est à l'heure actuelle le premier exportateur. Ce sont 870 000 tonnes de café qui sont produites chaque année sur les terres colombiennes et parmi elles, seules 120 000 tonnes sont destinées à la consommation locale. Les 750 000 tonnes restantes seront exportées à travers le monde et majoritairement aux États-Unis.

Chiffres clés du café colombien
Critère | Valeur |
Rang mondial | 3e producteur (après Brésil et Vietnam) |
Production annuelle | 870 000 tonnes |
Exportation | 750 000 tonnes (86 %) |
Espèce dominante | Arabica (100 %) |
Méthode emblématique | Café « lavé » (washed) |
Régions productrices | Plus de 20 (4 grandes zones) |
Altitude maximum | 2 100 mètres |
Climat type | 23°C constant, 70-80 % humidité |
Appellation | Café de Colombie (2005) |
Les origines de la caféiculture en Colombie (XIXe siècle)
Le café aurait pris racines en Colombie au milieu du XIXe siècle et aurait été cultivé rapidement sur plusieurs terres du pays dans les décennies suivantes. Les propriétaires de terrains cultivables ont rapidement vu dans la caféiculture une manne financière et ont participé à sa propagation dans le pays durant les décennies qui ont suivi.
La crise de 1890 et l'organisation en coopératives
En 1890, une crise touche le marché du café et n'épargne que l'ouest de la Colombie. Les producteurs de café s'organisent alors en coopératives afin de tirer leur épingle du jeu, pouvoir négocier plus efficacement les prix sur le marché mondial et tirer profit des terres les plus fertiles et donc rentables.
L'appellation Café de Colombie (2005)
Au fil des décennies et malgré les différentes guerres qu'a connu la Colombie, le pays se spécialise dans la méthode de séchage dite « humide » et acquiert une très bonne réputation quant à la qualité et aux saveurs des cafés qui sont produits sur ses terres. En 2005, l'appellation Café de Colombie est créée. Elle permet de mettre en avant le travail ainsi que la qualité du travail effectué par les producteurs colombiens.
La crise de la rouille du caféier (2007-2008)

Le secteur du café en Colombie est sujet à de nombreuses variations et enchaîne les périodes de crises puis de relance pour des raisons diverses : guerres, intempéries et catastrophes climatiques, variations de la valeur monétaire (notamment avec la livre sur la Bourse de New York, faisant ainsi du café l'objet de spéculations). En 2007, une maladie fongique touche les caféiers colombiens : la rouille du caféier. Elle entraîne un an plus tard une énième crise du café dans le pays à cause de la perte de rendement et de la baisse de la qualité des récoltes. Cette maladie a motivé la création de nouvelles variétés de café résistantes et leur implantation partout dans le pays.
Reconnaissance UNESCO (2011)
Enfin en 2011, l'UNESCO intègre à son patrimoine mondial plusieurs sites et centres urbains comme « paysage culturel du café de la Colombie ». Le pays est alors mis en avant pour son nombre important d'organisations équitables et la qualité des actions menées par ces dernières.
Les terroirs et la culture du café colombien
On ne trouve pas moins de 20 régions productrices de café (parmi lesquelles l'Antioquia, le Caldas, le Huila, le Nariño…) réparties en 4 grandes zones sur tout le pays. La grande majorité est produite dans le Triangle du café - dans la zone centrale - entre Caldas, Risaralda et Quindio. Le café produit y est plus acide et a un goût plus végétal et fruité que les autres productions colombiennes.
Sur le plan climatologique, le territoire colombien profite d'un climat tempéré et offrant peu de variation de températures entre le jour et la nuit, avoisinant les 23°C de manière constante. Avec un taux d'humidité dans l'air compris entre 70 et 80 %, la Colombie dispose d'un climat propice à la culture du café, bien que le réchauffement climatique vienne perturber ces moyennes et altérer la qualité des récoltes et/ou décaler la saisonnalité.
Les variétés d'Arabica suivantes représentent la majorité des variétés cultivées en Colombie (pour creuser, voir notre article sur les variétés de café) :
Le Bourbon
Le Tabi (variété obtenue en croisant des variétés de bourbon et de timor qui permet l'obtention de grains longs et très aromatiques avec un rendement important grâce à sa résistance à la rouille du caféier)
Le Caturra
Le Colombia (variété génétique qui présente l'avantage de résister durablement à la rouille du caféier et produit autant voire plus que le Caturra. La mise en culture de cette variété de café date de 1982).
Le Castillo
Chez Crack Cafés, nous avons sélectionné un café colombien « lavé » pour ses notes gourmandes ! Il est cultivé par des petits producteurs cultivent le café sur des parcelles de terre de 1,8 à 2 hectares, à des altitudes pouvant atteindre 2 100 mètres au-dessus du niveau de la mer.
Questions fréquentes
Pourquoi le café colombien est-il considéré comme un café de qualité ?
Quatre raisons principales : un climat très stable (autour de 23°C, 70-80 % d'humidité), des altitudes élevées (jusqu'à 2 100 m), la méthode du café « lavé » (séchage humide qui donne un profil net et floral) et l'appellation Café de Colombie depuis 2005 qui garantit la qualité et la traçabilité. Le pays cultive aussi exclusivement de l'Arabica, l'espèce la plus primée en cup gustative.
Le café colombien est-il toujours de l'Arabica ?
Oui, exclusivement. La Colombie cultive uniquement de l'Arabica, jamais de Robusta. C'est l'une des rares grandes nations productrices à être 100 % Arabica. Cinq variétés dominent les plantations : Bourbon, Tabi, Caturra, Colombia et Castillo, ces deux dernières ayant été développées localement pour résister à la rouille du caféier.
Qu'est-ce que le café « lavé » colombien ?
Le café « lavé » (washed) est une méthode de traitement de la cerise après récolte. La pulpe est retirée, puis les grains sont fermentés dans l'eau pendant 12 à 36 heures avant le séchage. C'est la méthode emblématique de la Colombie. Le profil obtenu est plus net, plus floral et plus acidulé qu'un café traité par voie naturelle (séchage de la cerise entière), qui donne plus de fruité et de corps.
Combien la Colombie produit-elle de café par an ?
La Colombie produit environ 870 000 tonnes de café par an, ce qui en fait le 3e producteur mondial derrière le Brésil et le Vietnam. Sur ce volume, environ 86 % (750 000 tonnes) sont exportées, principalement vers les États-Unis. Seules 120 000 tonnes restent destinées à la consommation locale.
Quelles sont les principales régions productrices de café en Colombie ?
La Colombie compte plus de 20 régions productrices, organisées en 4 grandes zones. La zone centrale, surnommée le Triangle du café (Caldas, Risaralda et Quindio), produit la majorité du café colombien et est classée « paysage culturel du café » par l'UNESCO depuis 2011. Parmi les autres régions réputées : l'Antioquia, le Huila et le Nariño, chacune offrant des profils aromatiques distincts.




